mercredi 6 septembre 2017

Deux exercices simples de salutations thaïes


Le "wai" implique une légère génuflexion, souvent escamotée lors de salutations ordinaires


Hier, Somsouaï, la meilleure amie de Fon, est venue à la maison pour déposer des vêtements dont elle ne veut plus, afin que Fon les vende sur le petit marché qui se tient le dimanche matin tout près de la ferme.

Fon et Somsouaï sont du même village et elles ont été à l'école ensemble. Elles sont amies depuis toujours. Somsouaï est une gentille fille, et même si cela m'agace de voir la maison remplie en permanence de sacs de fringues, je supporte... et vais encore supporter longtemps. Car elle n'en a jamais fini de revendre vu qu'elle n'en a jamais fini d'acheter, c'est une fashion addict...

Somsouaï est venue avec son mari que je connais - je les ai même invités un soir à dîner dans une gargote du marché où nous les avions croisés à l'époque où nous habitions en centre ville. Somsouaï et lui sont mariés depuis presque dix ans - Fon le connaît donc bien. D'après ce que j'ai compris et observé, ce n'est pas un ours, c'est un type "normal".

Mais là, il s'est passé quelque chose qui n'a rien à voir avec ma condition de farang. L'amie et son mari sont arrivés dans leur pick-up. J'étais dans l'entrée, invisible, mais aux premières loges. Somsouaï est sortie de la voiture et a marché vers la maison. Dès qu'elle m'a vu, elle m'a saluée et j'ai fait de même. Puis elle a directement commencé à parler avec Fon - sans transition, comme si elles s'étaient quittées il y a cinq minutes.

Ce qui m'a semblé étrange, c'est l'attitude du mari : il est parti dans le jardin au vu et au su de Fon sans lui dire bonjour - pas même un petit signe de main. Pourtant, leurs relations sont excellentes. Mais bon, il n'avait prévu aucune interaction avec l'amie de sa femme. Alors il est allé faire autre chose.

J'avoue que je n'arrive toujours pas à m'habituer. J'ai dû demander à Fon un petit rappel des règles. Je te la fais en devinettes. Avec les personnages suivants :
- Tongporn et son mari Lamoun,
- Songsi et son mari Clark (qui est farang).

Songsi, Lamoun et Tongporn se connaissent. Tongporn connaît Clark.

Devinette 1 : Songsi et Clark se promènent dans la rue et rencontrent Lamoun (qui ne connaît pas Clark). Songsi et Lamoun se sont vus il y a quatre jours. Lorsqu'ils se rencontrent, qui salue qui ?

Réponse : Personne ne salue personne. Lamoun et Clark ne se saluent pas parce qu'ils ne connaissent pas. Lamoun parle directement à Songsi exactement comme si Clark était invisible. Comme Songsi et Lamoun se sont vus récemment, ils sont dispensés de toute formule de politesse.

Version US : tout le monde se dit bonjour.
Version french :
de plus, Lamoun lèche la face de Songsi.

Devinette 2 : Tongporn était avec Lamoun (son mari) quand Songsi les a rencontrés il y a une semaine. Tongporn et Lamoun vont chez Clark pour voir Songsi. En fait, seule Tongporn a quelque chose de précis à faire avec Songsi. Lamoun reste à l'écart et ne salue personne. Que s'est-il passé ? Y a-t-il un problème ?

Réponse : Non, il n'y a aucun problème. En arrivant chez Clark, personne ne se salue. Lamoun reste à l'écart, il n'a fait aucun signe à Clark parce qu'il ne le connaît pas, ni à Songsi parce qu'il l'a vue récemment - et il n'a rien de précis à faire avec elle en l'occurrence. Il agit donc comme si ces deux là étaient transparents. Par ailleurs, Tongporn et Songsi ne se saluent pas car elles se sont vues récemment.

Version US : tout le monde se dit bonjour (y compris Lamoun et Clark qui font connaissance).
Version french :
en plus, tout le monde se lèche la face sauf les garçons (qui ne se connaissent pas).

En résumé :

Règle 1 : si on ne se connaît pas, on ne se salue pas et on s'ignore ;
Règle 2 : si on s'est vu récemment, on ne se salue pas ;
Règle 3 : l'inverse de la règle 2 n'est pas vrai : même si on ne s'est pas vu depuis un certain temps, on n'est pas obligé de se saluer. Tout dépend de ce qu'on partage avec la personne (et d'un éventuel lien hiérarchique ?)

Dans la culture thaïe règne un pragmatisme étonnant dans les relations interpersonnelles. Une grande sobriété dans les démonstrations. Tant qu'on n'est pas dans un cadre formel, il n'y a plus aucune obligation, aucun art de la conversation. Le silence n'est jamais gênant. D'ailleurs, c'est bien connu, il n'y a pas d'anges (qui passent) dans l'imaginaire bouddhiste.

Du fait qu'on les ignore complètement, certains farangs (à la susceptibilité exacerbée ?) pourraient interpréter ce comportement comme une marque de dédain. Iraient-ils jusqu'à dire que cette attitude est une marque de xénophobie, c'est possible. Les thaïs sont sans doute xénophobes - je ne connais pas de population dans le monde qui n'apparaisse pas xénophobe sur la durée - mais il faut en chercher des preuves ailleurs.

A vrai dire, les thaïs me semblent moins xénophobes que les habitants de petites communautés rurales de Basse-Bretagne.

Et je préfère les thaïs silencieux et indifférents aux thaïs mielleux ou obséquieux. Ou même tout simplement chaleureux : parce qu'alors, il y a tout à parier pour qu'ils fassent semblant.






samedi 26 août 2017

Elephant man, ou le zizi de papa


Tu t'es vu quand t'es nu...!

Je me promène généralement en slip dans la maison étant donné la température, rarement en dessous de 28 degrés. Je reconnais : ce n'est pas très digne. Mais c'est le seul moyen de survivre à cette chaleur. Et quand je reviens de la douche ou quand je me mets au lit, je suis carrément à poil.

Il se trouve que Nam (qui vient d'avoir deux ans) regarde mon zizi avec beaucoup d'étonnement. Je peux le comprendre : nous ne sommes pas équipés pareil. Et sa mère non plus, sinon ce ne serait pas sa mère mais sa tante, et sa tante ne pourrait pas être sa mère pas plus que son oncle, enfin bref, je me comprends.

Donc Nam s'étonne. Une fois. Deux fois. Dix fois. J'ai le sentiment d'être éléphant man. Ne crois pas que je sois en train de me vanter. Je veux juste dire qu'elle me regarde comme une curiosité à la limite du monstrueux.

Et ça dure. Depuis maintenant plusieurs semaines. Je lui ai expliqué plusieurs fois : les garçons ont des zizis, les filles ont des coquillages. J'ai passé la famille en revue et je lui ai dit : untel a un zizi, unetelle a un coquillage. Mais la différence entre le masculin et le féminin semble encore très floue. Aux dernières nouvelles, selon elle, son grand-père à un coquillage et sa grand-mère un zizi. Je pense que c'est faux. Sinon, on m'aurait vraiment caché des choses.

Rien de très étonnant à tout cela. Elle est encore jeune. Mais elle continue de me… dévisager, chaque fois qu'elle en a l'occasion. Elle devrait être habituée, là, non ? Autant que je me rappelle, mes ex ont mis beaucoup moins de temps à s'y faire.

Mais surtout, il y a quelque chose qui me… turlupine. Je sors de la douche dans le plus simple appareil après avoir mis la serviette à sécher. Je croise Nam. Elle regarde avec attention. Et elle rigole. Oui, elle rigole ! Il y a quelque chose de malicieux dans son regard et dans le ton de sa voix quand elle désigne l'objet du délit en disant "zizi… zizi de papa…"

Comment se fait-il qu'elle associe le sexe à quelque chose de rigolo, quelque chose qui sort du champ neutre de la vie quotidienne ?

Fon est étonnée, elle aussi. Je suis certain qu'elle ne lui a rien dit de particulier. Et pareil pour le reste de la famille. Les thaïs que je connais, la famille de Fon, tous sont très pudiques pour ce qui est du sexe (et d'ailleurs moins pour ce qui touche aux excrétions). Parler des génitoires est "maï soupape" - oui, "soupape" veut dire "poli", c'est drôle, non ?

Il se pourrait même que la nudité soit plus qu'indécente : insultante aux yeux des thaïs. J'ai souvenir d'un compagnon de pêche (anglais, mais connaissant bien le pays) m'incitant à ne surtout pas me changer parce que nous avions accosté à trois cent mètres d'un temple bouddhiste.

En tout cas je serai prudent dans ma conclusion. En observant ma fille, il me semble que de manière spontanée, le sexe est associé à quelque chose de rigolo. Est-ce parce qu'elle sent un vague interdit, qui serait balisé par ses grands parents ou sa mère ? Mais comment baliser quelque chose dont on ne parle pas, même furtivement, et qu'on ne montre pas ? Je suis la seule personne dont elle a vu le zizi. Nam n'a aucune raison de faire des recoupements entre ses découvertes anatomiques et ce que lui font sentir ses grands parents.

Donc le rire serait fondamentalement associé au sexe ? Nous serions pré-cablés pour rire de la gaudriole ?

Enfin moi, je vais finir par trouver ça gênant. Et si ça continue, je vais finir par planquer les bijoux de famille !

Caca-prout-cul-bite : LOL !


vendredi 11 août 2017

Mon oeil !



Lèèèèèèèo !

Il ne se passe grand-chose à Don Chomphu. Fon passe ses journées dans une école de conduite et je vais me baigner avec Nam dans un étang pas très loin.

Dans la voiture, je m'amuse avec elle à dire "lèo". Non, nous n'invoquons pas le nom d'une bière locale bien connue. Lèo est un mot thaï qui contient l'idée de d'accomplissement révolu, et permet donc de conjuguer des verbes au passé. Khao pai lèo veut dire : il est déjà parti.

Mais le "lè" de lèo est une syllabe longue avec un accent haut (qui ne descend pas). Si on habite la Thaïlande depuis quelques mois, on a forcément remarqué l'enthousiasme avec lequel les thaïs prononcent ce mot. En ouvrant grand la bouche, en insistant. C'est très curieux, cette petite jouissance qu'ils ont. Ils disent en fait :
paille Lèèèèo !

Alors Nam et moi, on les imite sans vergogne et ça nous fait bien rigoler.

Un autre truc qui me fait rire et qu'on remarque facilement, c'est le mot : l'œil. Je l'écris de cette manière pour qu'il n'y ait pas d'ambigüité sur sa prononciation - car c'est exactement comme ça qu'il se dit. En fait, on devrait plutôt écrire "lei", mais on est alors tenté de mettre un accent sur le "e".

Le problème, c'est que ça ne veut rien dire, l'œil. C'est juste un mot de renforcement (sauf dans l'expression pai l'œil, qui veut dire dépasser). Gros et agaçant mystère. Fon dit par exemple à Nam : yagn l'œil ! ce qui veut dire "arrête". Mais elle pourrait tout aussi bien dire yagn tout court. L'œil n'est là que pour se faire voir….

Ce qui m'attriste, c'est qu'on ne puisse pas dire paille l'œil Lèèèèèo. Apparemment, ça ne veut rien dire. Dommage ! Faudrait peut-être que je leur enseigne quelques tours, aux Thaïs !


lundi 24 juillet 2017

Double meurtre à Bronx-sur-Don-Chomphu



Je suis revenu dans l'Isan ! Par un saut presque direct de l'Amérique à l'Asie du sud-est !

Ce qui m'a frappé en arrivant, c'est la lumière de mousson, cette lumière grise tellement différente de la lumière saturée qu'on a en Bretagne… quand il ne pleut pas.

Dès le lendemain, Mai m'a traîné au marché, et là, je me suis cogné la tête contre ces p… de barres de fer qui soutiennent les barnums des marchands ambulants. Vraiment, six pieds de haut, ce n'est pas la taille réglementaire pour les thaïs !  Est-ce ce coup sur la tête qui m'a déprimé ? J'avoue que je n'ai pas pris plaisir à regarder l'étal du poissonnier, avec ses carpes qui agonisent, agitant désespérément leurs ouïes.

Ensuite, nous sommes allés porter des légumes bizarres chez la tante de Mai - comme le croisement d'un artichaut avec un chou-fleur (les légumes, pas la tante). Ces dames sont restées ensemble à bavarder. Comme je m'ennuyais, j'ai fait quelques pas, pris quelques photos.

Don Chomphu, quand on y réfléchit, c'est un petit New York. Pas convaincu ? Des images valent mieux qu'un long discours.

Tout d'abord, j'ai retrouvé la Bartow-Pell mansion : style simple, presque dépouillé, et pourtant si noble ! Mais celle de Don Chomphu n'est pas encore transformée en musée.



Dans la cour d'honneur, une immense limousine s'est arrêtée dans un crissement de pneus, attendant de prestigieux passagers.



Débouchant sur Broadway-on-Don-Chomphu, j'ai tout de suite repéré Bloomingdale's sur la gauche.


J'ai fait un peu de lèche-vitrine. Le rose semble très tendance en ce moment.


Puis mes pas m'ont conduit au MOMA, temple de l'art contemporain - avec son allure carrément avant-gardiste.


Je suis resté fasciné un long moment par une œuvre au réalisme piquant - très belle.



Je n'ai pas pu admirer les illuminations du Rockefeller, ce n'était pas la saison. Mais je me suis faufilé, et j'ai pu voir les moyens électriques mis en œuvre pour parvenir à cette merveille. De quoi fournir de l'électricité à la ville de Montargis pendant un millième de seconde, paraît-il !


Le retour a été assombri par un triste incident. Nous traversions Bronx-sur-Don-Chomphu. A un croisement, que vois-je ? De part et d'autre de la rue, deux cadavres. D'un côté, un joli petit chien blanc, pattes en l'air. Juste en face, un chaton gris étendu sur le flanc. Sans doute un règlement de compte entre bandes rivales… ou autre chose. La zone n'a pas encore été karscherisée.

Je ne sais pas pourquoi, en entrant dans la maison, je me suis senti triste.

dimanche 2 juillet 2017

Quelques cartes postales de vacances


Hello à vous tous qui me faites l'honneur de me lire !

Je suis encore au Canada pour quelques jours.

Surprenant pays ! Si cela vous dit de voir avec mes yeux, voici le lien vers Flickr

A bientôt en Isaan !


Pascal

samedi 10 juin 2017

Trouver une jeune femme thaïe quand on a déjà quelques tours de compteur…


Bangkok, en face de Pantip Plaza. On peut couper le son... Solution prudente, mais pas vraiment satisfaisante !

Quels espoirs peut-on avoir de séduire durablement une femme jeune quand on a quelques tours au compteur : telle est l'intéressante question que je trouve sur un forum, émanant d'un intervenant qui ne cache pas ses soixante-dix balais.

Les femmes pour les hommes (comme les hommes pour les femmes) représentent un marché évolutif, avec différentes parités selon l'endroit dans le monde. Ce marché soumis à l'offre et à la demande est relativement stable - plus stable que le baril de Brent ou le cours de l'euro. Certains (et certaines - ça marche dans les deux sens) prennent le risque d'une acquisition à l'étranger en espérant la bonne affaire. L'amour est un commerce où chacun se propose toujours quelque chose à gagner : cette maxime où l'on retrouve La Rochefoucauld s'applique parfaitement ici.

Comme dans tout marché, il y a des vendeurs qui bluffent et veulent vous faire acheter un mulet pour un anglo-arabe. C'est un marché libre, et il ne peut être question de retourner l'acquisition si on n'en est pas satisfait - pour des raisons évidentes : cette pratique n'a cours que certains pays musulmans. Elle n'y est malheureusement pas réciproque.


La parité de la femme en Thaïlande


Il se trouve que la parité de la femme est encore intéressante en Thaïlande pour les hommes. Ce qui veut dire que l'inverse est vrai : la parité du farang est encore intéressante pour les femmes. Mais je ne parlerai pas du point de vue des femmes, d'autres pourront mieux le faire que moi.

Malgré cette situation favorable, il vaut mieux mettre de côté coups de foudres et autres explosions sentimentales qui risquent de vous faire épouser n'importe qui, de même qu'on peut acheter une voiture hors de ses moyens ou s'amouracher d'une charmante fermette qui vous enchaîne à un crédit de vingt ans.

Pour répondre à la question, plus l'écart d'âge est grand, plus le risque de tomber sur une femme intéressée est grand : il existe un rapport inversement proportionnel entre le désintéressement moyen de la femme et la différence d'âge entre l'homme et la femme. Cette courbe est une... droite, approximativement régie par un polynôme du premier degré quand on reste dans des limites d'âge raisonnables.

Mais aux extrêmes, on peut observer des mouvements paraboliques. Dans le cas d'un très vieil homme et d'une gamine de vingt ans, ou d'une matrone et d'un jeune gigolo, on verra un emballement de l'avidité (je pense personnellement que le concept de couguar a ses limites). Mais jusqu'à 60 ans, on reste dans du ax + b = 0. Ensuite, la courbe dérive progressivement. A chacun de mesurer les risques !

Évolution de l'avidité (en y) d'un membre du couple en fonction de la différence d'âge (en x) : elle obéirait en fait à une courbe un peu dans ce genre.


On pourrait aussi apporter quelques perfectionnements à cette courbe en essayant d'inclure la caractéristique suivante : pour une même différence d'âge - par exemple 25 ans - on observera une accentuation de la pente si l'on descend vers la majorité légale de l'un ou l'autre partenaire. Ainsi, un couple 18 - 43 ans a plus de chance de dysfonctionner du fait d'une très grande avidité du membre de 18 ans, qu'un couple de 38 - 63 ans, alors que l'écart est le même.

Un espace à quatre dimensions


Mais la question est plus complexe. Il faut imaginer un espace à quatre dimensions dont le premier axe est la différence d'âge, le second, la différence physique (critère de la Belle et la Bête), le troisième la différence pécuniaires (critère du bourgeois et de la fille du pauvre fermier) et le quatrième le niveau d'études de la femme.

Chacune de ses dimensions porte une variable qui obéit aussi à une fonction du premier ou second degré (de type parabolique ou plus complexe). Ainsi, il y a tout à parier qu'une jolie fille accepte les approches d'un homme du même âge mais laid comme un pou pour des raisons éloignées de la pure affection.

A propos, il n'y a pas que la beauté, il y a aussi les stigmates de l'âge : il faut donc savoir se regarder dans la glace, voir que ce ventre qui rebondit au dessus de la ceinture bien serrée du blue-jeans comme une grossesse de cinq mois n'a rien de charmant (mais est plutôt ridicule), que ce crane qui se dégarnit comme celui d'un vieil oiseau ne porte pas un message de sagesse, mais de laideur ringarde, que la peau fripée n'a rien d'attendrissant et que les femmes préfèrent les abdos saillants, la peau et le muscle fermes. Malheureusement, beaucoup d'hommes semblent oublier ces faits élémentaires et continuent de se voir comme lorsqu'ils avaient vingt ans. Une vision réaliste de ce qu'on a à mettre sur le marché est indispensable. Sinon, on restera indéfiniment sur l'étal.

En ce qui concerne, le critère financier, à niveau social égal, le farang bénéficie d'emblée de la parité favorable des monnaies occidentales. Pour le reste, pas plus que la fille de François Fillon n'épousera un petit entrepreneur, une thaïe d'un milieu très aisé ne s'intéressera pas à un farang à moins qu'il ne fasse montre d'une large surface financière, soit à peu près du même âge et d'un physique flatteur. Finalement, ce n'est pas un hasard si ce sont les filles de fermiers de l'Isaan qui épousent des farangs : l'écart entre les niveaux sociaux joue cette fois en faveur du farang. A noter que les femmes thaïes ne font pas forcément de différence entre : revenus modestes mais fixes - revenus moyens - revenus confortables. Leur critère est plus fondé sur la générosité immédiate que sur la réelle richesse du farang.

Charmantes cousettes de Bangkok : comme dans Balzac en 1820...

Le niveau social et le niveau d'études sont des variables fortement liées en Thaïlande, même si elles ont un petit degré d'indépendance. Il peut être utile de faire faire quelques opérations arithmétiques à sa future avant de s'engager (divisions…) surtout si on envisage de lui offrir un commerce. Attention, je n'ai pas parlé de règles de trois ! Chacun verra quel degré d'exigence il peut avoir. Là encore, la courbe n'est pas simple : la courbe décrivant la variable différence de niveau d'étude n'a pas une pente très forte, sauf quand on arrive à des niveaux d'études très supérieures pour la femme thaïe.

Une dernière notation relative à la différence d'âge : le monde occidental déteint petit à petit sur l'Asie, et la tolérance à l'écart est de moins en moins grande chez les femmes thaïes au fil des années. Mais en cherchant bien, si on n'exige pas une différence extravagante, on trouve - à condition d'être moins exigeant sur les autres variables. Il n'y a jamais de miracle...

Dans tous les cas, il faut se donner de la peine, et prendre son temps. La probabilité de tomber sur une personne qui vous correspond est d'autant plus grande qu'on a sorti de l'urne beaucoup de boules noires...


Au total, on voit que les rapports femmes thaïes / hommes farang obéissent à des lois complexes.


J'observe avec tristesse une simplification abusive de la part des farangs qui décrivent les femmes thaïes comme intéressées et avides - ce qui est en partie dû à un biais de recrutement : ils ont été principalement en contact qu'avec des femmes thaïes sélectionnées par leur "intérêt" pour les farangs, et bon nombre sont vénales. Entrent aussi en compte dans ce jugement les particularités mentales des farangs en question... sur lesquelles je ne m'attarderai pas : certes ce blog est gratuit, mais le prix de ma consultation n'est pas donné.

La plupart des femmes - qui méritent toute notre admiration ! - se dotent assez vite (souvent avec l'aide de leur mère) d'un compteur qui leur permet de naviguer dans ces abaques avec aisance. Souvent mieux que les hommes dans l'état actuel de nos cultures - car du fait de l'inégalité hommes femmes, c'est souvent pour elle une question de survie. En cela, elle ne diffèrent pas énormément des femmes du monde occidental. Aux hommes de faire une péréquation et de savoir exactement quels critères sont importants sur ces quatre axes.

Bonne négo à tous !


Joli visage et des avantages en nature... A toi de voir. Moi, je ne m'y risquerais pas.


lundi 22 mai 2017

Café, maroille et huile de moteur (la France vue par un farang II)




Un morceau de baguette fraîche tartiné de maroilles et trempé dans le café au lait du matin. Mais oui, autrefois, un ami m'a initié aux plaisirs du nord !

Un bon jogging sur la plage à marée basse. La mer au loin et les îles. Puis la terre remonte, c'est un champ dont les herbes mouillent sournoisement mes Asics. Dans les écouteurs, Aurélien Barreau fait une conférence sur l'entropie des trous noirs. Je ne sais plus quoi faire - je décroche de l'horizon du trou noir, happé par celui du ciel - ils sont tout aussi profonds. Mais quand je reviens aux trous noirs, je n'y comprends plus rien !

Plus tard, je téléphone à un gus dans un magasin qui vend des chambres à air aux professionnels. Je veux acheter une de ces grosses bouées noires avec lesquelles on peut jouer dans les vagues. Pour ma fille bien sûr… Le type est sympa. Il me demande le nom complet qui figure sur la carte de crédit. Et quand il le sait, il m'appelle par mon prénom. Pas une fois, par accident, mais plusieurs fois. Cool.

Ça me rappelle une histoire quand je vivais à Paris. Je circulais exclusivement à moto, et un jour, j'ai dû plonger mes mains dans le cambouis. Je ne suis pas doué, mais j'aime bien bricoler. Et ça fait très longtemps que je me suis acheté un bleu de garagiste. Tout remonté, impeccable, la bécane tourne nickel. J'ai juste le temps d'aller chez le coupe-tif de ma rue - la rue Etienne Marcel dans le deuxième - avant d'aller dîner chez une amie. Le coiffeur avise mon bleu et me tutoie. Je regarde le prince Albert dans Voici en attendant, avant qu'il ne me fasse signe de m'asseoir sur le grand fauteuil qui tourne. Qui, "il" ? Mais le prince Albert en personne, bien sûr ! Il est gentil, mais un peu condescendant. Il parle à d'autres et ne me prête pas attention - comme s'il daignait me couper les cheveux. Pourtant, je suis très content d'être là : atmosphère d'un salon de coiffure parisien à cinq heures du soir, un samedi, totale excitation. Les plaisanteries fusent. Et puis comme il veut être poli, le figaro finit par me demander dans quel garage je travaille.
- Je travaille à l'hôpital
- Ah oui, tu entretiens le parc de l'hosto…
- Euh non, je suis médecin...
Le coiffeur se recroqueville littéralement. Comment faire pour qu'il se sente mieux ? Mais c'est trop tard… Il m'expédie… et maintenant, il me vouvoie!

Avant-hier, nous sommes allés dans un restaurant thaï. Je voudrais que Fon se lie un peu. La fille a une drôle de touche, avec sa casquette à l'envers, ses cheveux courts et son "long nez" de farang. Elle m'explique que son père est français et sa mère thaïe. Et qu'elle a passé son enfance en Thaïlande. Elle regarde Nam, qui a la peau mate :
- C'est bien pour la France, elle est bronzée. Alors que c'est le contraire en Thaïlande, ils aiment bien les peaux blanches.

Tant mieux pour Nam, si c'est vrai. En quittant le restaurant, Fon me dit que notre hôtesse est tom, elle est lesbienne. Une lesbienne moitié thaïe dans un village français, cela ne doit pas être simple tous les jours. Mais elle a l'air relax, et semble connaître beaucoup de gens du coin.

Le problèmes administratifs finissent par se régler. Parfois, il faut laisser tomber… J'étais libre cet après-midi, j'ai gréé une voile à sec et vérifié mes pieds de mats. Demain, promis, je sors en planche.

La vie n'est pas désagréable en France. Pendant ce temps, en Angleterre, un fou tue des enfants.